
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou expert-comptable pour toute décision impactant votre statut professionnel et vos revenus.
J’ai accompagné Sylvie l’année dernière. Consultante RH de 45 ans, elle venait de quitter son poste après 15 ans en entreprise. Son projet ? Se lancer en indépendante tout en préparant un achat immobilier. Premier réflexe : l’auto-entreprise. Refus de prêt de sa banque malgré un carnet de commandes correct. Trois mois plus tard, passage en portage salarial avec un CDI, et le crédit passe. Ce basculement aurait pu lui être épargné si quelqu’un lui avait expliqué clairement comment choisir entre les différents statuts avant de se lancer.
L’essentiel sur le choix d’une société de portage en 30 secondes
- Le portage = liberté du freelance + sécurité du CDI (chômage, retraite, crédit)
- Ce n’est pas pour tout le monde : CA minimum requis, activités intellectuelles uniquement
- Critère n°1 à vérifier : garantie financière (sécurise vos salaires)
- Méfiez-vous du taux affiché : demandez le coût total (frais + retenues)
- Label PEPS = gage de transparence audité
Ce que vous allez découvrir
- Le vrai problème que le portage salarial résout (et celui qu’il ne résout pas)
- Portage salarial, auto-entreprise ou SASU : le match selon votre profil
- Les 5 critères pour choisir votre société de portage sans vous faire avoir
- Du premier contact au premier salaire : ce qui se passe vraiment
- Vos questions sur le choix d’une société de portage
Le vrai problème que le portage salarial résout (et celui qu’il ne résout pas)
Soyons clairs dès le départ : le portage salarial n’est pas une baguette magique. Ce n’est pas non plus un statut pour tout le monde. Selon le Ministère du Travail, le portage est réservé aux prestations intellectuelles et exclut explicitement les services à la personne, la garde d’enfants ou l’assistance aux personnes âgées. Si votre activité tombe dans ces catégories, inutile d’aller plus loin.
Le vrai problème que le portage résout ? C’est celui du consultant qui veut facturer ses missions comme un indépendant tout en conservant la protection sociale du salariat : assurance chômage, retraite cadre, mutuelle, prévoyance. Le tout sans créer de structure juridique, sans comptable à payer, sans bilan annuel à déposer.
Dans mon accompagnement de consultants en transition, j’observe que la motivation principale n’est pas la simplicité administrative (même si c’est un bonus). C’est la capacité à obtenir un crédit immobilier, à rassurer un conjoint, à ne pas se retrouver sans filet si une mission capote. Pour ceux qui veulent approfondir, je détaille les avantages du portage salarial dans un article dédié.
Ce que le portage ne résout pas : l’envie de construire un patrimoine d’entreprise. Si vous visez la revente d’une société à terme, passez votre chemin. Le portage est un statut de flux (vous facturez, vous êtes payé), pas un statut de capitalisation.
Portage salarial, auto-entreprise ou SASU : le match selon votre profil
Avant de choisir une société de portage, posez-vous une question préalable : le portage est-il vraiment le bon statut pour vous ? Je vois trop de consultants foncer tête baissée sur la première option venue sans avoir fait ce travail de qualification. Résultat : des regrets six mois plus tard et une transition coûteuse.
Portage, auto-entrepreneur ou société : quel statut pour vous ?
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Vous démarrez avec un CA inférieur à 40 000 €/an et pas de projet immo immédiat :
Auto-entrepreneur (simplicité maximale, charges allégées). Basculez en portage dès que vous visez plus de stabilité.
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Vous avez un projet immobilier dans les 24 mois :
Portage salarial avec CDI (atout majeur pour le crédit). Vérifiez que la société fournit bien un CDI et pas un CDD mission.
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Vous facturez plus de 80 000 €/an et voulez optimiser fiscalement :
SASU ou EURL (plus de leviers patrimoniaux). Nécessite comptable et gestion administrative.
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Vous voulez tester l’indépendance sans risque avant de vous engager :
Portage salarial (réversible, pas de création de structure). Idéal en transition depuis le salariat classique.
Si vous démarrez et visez un revenu progressif
Franchement, si vous n’avez pas encore de missions signées et que votre objectif est de facturer 30 000 € la première année, l’auto-entreprise reste imbattable en termes de simplicité. Les charges sociales tournent autour de 22% du CA contre 45-50% en portage (charges patronales + salariales). Le calcul est vite fait.
Mais attention au piège classique : l’auto-entreprise vous coupe de l’assurance chômage. Si votre mission s’arrête, vous n’avez rien. C’est là que le portage prend tout son sens pour ceux qui veulent un filet de sécurité.
Si vous avez un projet immobilier dans les 2 ans
C’est LE cas d’usage roi du portage salarial. Aux termes du Code du travail, le salarié porté bénéficie d’un contrat de travail classique. Pour les banques, ça change tout. Un CDI, même en portage, rassure infiniment plus qu’un statut d’auto-entrepreneur avec le même niveau de revenus.

Si vous facturez déjà plus de 80 000 € par an
À ce niveau de chiffre d’affaires, les frais de gestion du portage (comptez 8 à 12% du CA HT selon le Guide du Portage) commencent à peser lourd. Une SASU vous permet d’optimiser différemment : rémunération en dividendes, constitution de réserves, préparation d’une revente éventuelle.
Le récapitulatif ci-dessous synthétise les différences clés entre les trois statuts. Chaque ligne correspond à un critère décisif que je vois revenir systématiquement dans les dossiers que j’accompagne.
| Critère | Portage salarial | Auto-entrepreneur | SASU |
|---|---|---|---|
| Protection chômage | Oui (sous conditions) | Non | Oui (si rémunération suffisante) |
| Retraite cadre | Oui | Non | Oui (assimilé salarié) |
| Facilité crédit immobilier | Élevée (CDI) | Difficile | Moyenne |
| Charges sociales approximatives | 45-50% du CA | 22% du CA | 45% sur salaire, 17% sur dividendes |
| Complexité administrative | Quasi nulle | Très faible | Élevée (comptable obligatoire) |
Les 5 critères pour choisir votre société de portage sans vous faire avoir
Une fois que vous avez validé que le portage est le bon choix pour votre situation, reste à sélectionner la bonne société. Et là, soyons honnêtes, le marché est opaque. Entre les promesses marketing (« 0% de frais cachés ! ») et la réalité des fiches de paie, il y a parfois un gouffre.
Dans mon accompagnement de consultants en reconversion, je constate régulièrement une erreur : se focaliser sur le taux de frais de gestion affiché (souvent 5-8%) sans vérifier les autres retenues. Résultat ? Un écart de 3 à 5 points entre le net espéré et le net réel sur la première fiche de paie. Ce constat vaut pour les profils que j’accompagne et peut varier selon la politique de chaque société.
Je recommande toujours de vérifier la garantie financière AVANT de regarder le taux de frais. Pourquoi ? Parce que si la société fait faillite sans garantie suffisante, vos salaires peuvent être bloqués plusieurs mois. C’est arrivé, et ça continue d’arriver.
Attention : Si une société de portage fait faillite sans garantie financière suffisante, vos salaires peuvent être bloqués plusieurs mois. En 2025, le minimum légal est de 94 200 € (soit deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale), selon les données 2025 de Galaxy Conseil. Vérifiez toujours le montant déclaré et l’organisme qui la délivre.
Le secteur compte aujourd’hui plus de 500 entreprises actives et plus de 43 000 salariés portés. Pas évident de s’y retrouver. C’est pourquoi j’ai compilé les questions essentielles à poser lors de votre premier contact avec une entreprise de portage.

Les 10 questions à poser avant de signer avec une société de portage
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Quel est le montant de votre garantie financière et qui la délivre ? -
Êtes-vous labellisé PEPS (audit indépendant de conformité) ? -
Quels sont les frais de gestion ET les autres retenues (RC pro, mutuelle, compte activité) ? -
Proposez-vous un CDI ou uniquement des CDD mission ? -
Quel est le délai de versement du salaire après facturation client ?
Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle couvre les points critiques. Selon le syndicat PEPS, qui regroupe 400 entreprises représentant 75% du secteur, le label PEPS garantit un audit indépendant vérifiant la conformité réglementaire et la transparence des frais. C’est un gage de sérieux, même si ce n’est pas le seul critère.
Du premier contact au premier salaire : ce qui se passe vraiment
Sur le papier, le processus semble simple. Dans la vraie vie, les délais varient selon les sociétés et votre réactivité. Voici ce que j’observe généralement sur les dossiers que je suis.
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Premier contact avec la société de portage -
Simulation de revenus personnalisée -
Signature du contrat de travail -
Première mission facturable -
Premier bulletin de salaire
Un point que beaucoup ignorent : vous devez respecter une rémunération minimale. Selon le Ministère du Travail, elle est fixée à 75% du plafond de la Sécurité sociale, soit environ 2 900 € brut mensuel. En dessous de ce seuil, le portage n’est légalement pas possible.
Bon à savoir : Le premier mois, prévoyez un décalage de trésorerie. Vous facturez votre client, la société de portage encaisse, puis vous verse votre salaire. Comptez 30 à 45 jours entre votre prestation et le virement sur votre compte, parfois plus si votre client est mauvais payeur.
L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Ne pas anticiper ce décalage et se retrouver à découvert le premier mois. Prévoyez une réserve de trésorerie équivalente à un mois de charges fixes avant de vous lancer.
Vos questions sur le choix d’une société de portage
Après plusieurs années à accompagner des indépendants, je retrouve systématiquement les mêmes interrogations. Voici les réponses aux questions qui reviennent le plus souvent.
Peut-on cumuler portage salarial et autre activité (auto-entrepreneur, CDI) ?
Oui, c’est légalement possible. Vous pouvez être salarié porté et auto-entrepreneur en parallèle, ou conserver un CDI à temps partiel. Attention toutefois aux clauses d’exclusivité de votre contrat de travail principal et aux règles de cumul d’activités de la fonction publique si vous êtes agent.
Que se passe-t-il si mon client ne paie pas la facture ?
C’est la société de portage qui porte le risque d’impayé, pas vous. En théorie, vous êtes payé même si le client fait défaut. En pratique, certaines sociétés incluent des clauses de réserve ou conditionnent le paiement à l’encaissement. Vérifiez ce point avant de signer.
Est-ce que je peux changer de société de portage facilement ?
Oui, le changement est possible et relativement simple. Vous démissionnez de votre contrat actuel (préavis standard), puis signez avec une nouvelle société. Attention au solde de votre compte d’activité : certaines sociétés mettent plusieurs semaines à vous reverser le reliquat.
Le portage salarial donne-t-il droit à la formation professionnelle ?
Absolument. En tant que salarié, vous cotisez au titre de la formation professionnelle et accumulez des droits CPF. Certaines sociétés proposent en plus des programmes de formation internes ou des partenariats avec des organismes.
Quelle est la différence entre frais de gestion et frais de fonctionnement ?
Les frais de gestion (8-12% en moyenne) rémunèrent la société pour son service d’accompagnement. Les frais de fonctionnement (mutuelle, RC pro, provision compte d’activité) s’y ajoutent. Demandez toujours une simulation « tout compris » pour éviter les mauvaises surprises.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que vous êtes sérieux dans votre démarche. Mon conseil : ne signez jamais sur un premier rendez-vous. Prenez le temps de comparer deux ou trois sociétés, posez les questions de la checklist ci-dessus, et faites-vous faire des simulations chiffrées. Pour approfondir, vous pouvez consulter ce guide sur le choix d’une société de portage pour votre indépendance.
La prochaine étape pour vous
Plutôt que de résumer ce que vous venez de lire, posez-vous cette question : quelle est la garantie financière de la société que vous envisagez ? Si vous ne savez pas répondre, c’est votre première action. Appelez, demandez le montant exact et l’organisme qui la délivre. Cette simple vérification vous évitera bien des déconvenues.
Précautions avant de vous engager
- Ce guide ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation fiscale et sociale
- Les taux de frais de gestion et conditions varient selon les sociétés et évoluent régulièrement
- L’éligibilité au portage salarial dépend de votre activité et de votre niveau de rémunération minimum
En cas de doute, consultez un expert-comptable ou un conseiller en création d’entreprise (CCI, BGE) avant de vous engager.